Sécurité routière, tous feux ouverts
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Dès le 31 octobre 2004 et pour cinq mois, tous les usagers de la route sont invités à rouler en codes le jour. L'incitation, si elle se révèle concluante, pourrait vite se transformer en obligation.
Les objectifs de cette mesure
C'est une première dans l'histoire de la sécurité routière en France. Plutôt que d'imposer par la loi une nouvelle disposition du Code de la route, le gouvernement à décidé, à partir du passage à l'heure d'hiver et jusqu'au 27 mars prochain, d'inviter les usagers de la route à tenter une expérience grandeur nature qui suscite bien des interrogations : l'allumage des feux de jour.
Selon Gilles de Robien, allumer ses feux en plein jour permettrait d'être mieux vu et à terme, on pourrait éviter de par ce dispositif entre 5% et 8% de tués et entre 3% et 13% de blessés sur les routes « Cela représente entre 250 et 400 vies, précise le ministre des transports, mais il faut qu'un nombre suffisant d'automobiliste jouent le jeu pour que l'expérimentation soit valable.
Tout va donc dépendre la volonté des automobilistes –les motards sont depuis longtemps obligés de le faire- puisqu'il leur est recommandé et non pas imposé, d'allumer leurs feux de croisement de jour et hors agglomération. « Cela permettra notamment d'éviter des accidents aux intersections ou lors de tourne à gauche. »
Comment mettre au point ce dispositif ?

A travers ce dispositif, le gouvernement emboîte le pas de nombreux pays européens où la mesure est devenue obligatoire.
Pour autant, dans les Landes, l'opération pilote lancée en juin 1999 n'a pas été très concluante : seuls 22% des automobilistes allumaient leurs feux de croisement de jour sur le réseau principal et 15% sur le réseau secondaire.
De plus, les résultats ont été très contrastés : »Sur les routes nationales et les axes de grande circulation, 59% des accidents mortels et 40% des accidents graves sont évités. Par contre, l'efficacité est quasi-nul sur les petites routes départementales. »
Toutefois, même si le gouvernement ne semble pas se lancer dans cette entreprise en aveugle, peu nombreux sont les usagers de la route se sentants satisfait de cette mesure.
En effet, les motards, eux, sont en colère et qualifient cette mesure de « mesure de communication du gouvernement qui a perdu des plumes en terme de popularité avec les radars. » s'insurge le délégué général de la Fédération des motards en colère. Cette association juge l'opération « dangereuse » car elle ne permettra plus aux deux roues, qui roulent feux allumés depuis 1975, de se distinguer dans le trafic routier.
Aujourd'hui, 55% des français se disent prêts à jouer le jeu mais seulement 39% ont jugé la directive bénéfique pour la sécurité. De plus, la crainte de brûler encore plus d'essence freine peut-être aussi l'enthousiasme.
Rendez-vous dans cinq mois. Une étude sur l'efficacité de la mesure, menée dans les prochains mois par l'Observatoire de la sécurité routière, devrait permettre d'y voir plus clair.
Le gouvernement a déjà annoncé qu'il pourrait rendre la mesure obligatoire et l'étendre à la circulation en ville en cas de succès.