La guerre Boeing Airbus en Chine

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On pouvait croire que la compagnie Boeing était écrasée par la concurrence d'Airbus, qui a reçu, depuis 2003, plus de commande qu'elle. Mais il n'en est rien. La Chine vient en effet de redresser la balance en faveur du constructeur américain en lui achetant 60 appareils, alors que dans le même temps, les chinois ne commandaient que cinq Airbus européens. La Chine deviendrait-elle l'arbitre de l'économie mondiale ?

Des achats favorables à Boeing



Vendredi 29 janvier, la France se réjouissait d'avoir pu vendre cinq Airbus A380, le plus gros porteur du monde, à la Chine, pour une facture prévue de 1,4 milliards de dollars (si le prix de vente est celui qui est indiqué sur le catalogue d'Airbus et qu'il n'est pas baissé).
La Chine, grand pays en développement, toujours assoiffé par de nouveaux besoins en grand nombre, semblait avoir choisi son camp entre les constructeurs d'avions Airbus et Boeing au profit du géant européen. Mais la joie d'Airbus aura été de courte durée et le choc qu'elle va endurer n'en sera que plus rude.
En effet, les Etats-Unis viennent d'annoncer que la Chine va leur acheter soixante appareils du constructeur Boeing, tous les appareils étant du type 7E7. Or, la facture totale sera de 7,2 milliards de dollars, soit cinq fois plus que la valeur des avions achetés à Airbus. De quoi relancer la guerre des ventes entre les deux principaux constructeurs mondiaux, mais surtout aussi de quoi hisser les ventes de Boeing au-dessus de celles d'Airbus.
Si Airbus ne se réjouit pas de voir son concurrent reprendre des couleurs, il est fort à craindre que ce ne soit pas son seul motif de colère. En effet, la société européenne avait tendance à voir la Chine comme une chasse gardée, surtout depuis qu'elle avait implanté une usine de trains d'atterrissage en Chine, affiliant des sociétés locales à son projet.
Mais Pékin a une nouvelle fois fait montre de son pouvoir de pays en développement en prenant à contresens les voies qu'elle avait créées.

La Chine s'affiche comme un arbitre dans l'économie



Dans cette affaire, au-delà du choix technique entre les appareils de Boeing et ceux d'Airbus, la Chine a voulu réaliser un geste autant politique qu'économique en montrant au monde entier qu'elle n'était liée à personne, quelles que soient les apparences, et que ses choix ne concernent qu'elle-même.
Or, dans une économie mondiale comme celle qui existe actuellement, ceci fait un rude choc pour les pays développés. En effet, le commerce et l'économie mondiale d'aujourd'hui sont dominés par trois pôles, qui sont les Etats-Unis, le Japon et l'Europe. Or, jusqu'à présent, ces trois pôles dominaient le monde. Les pays en voie de développement ou d'industrialisation, si ils voulaient avoir des tarifs préférentiels, devaient donc rester fidèles au même fournisseur, fidélité qui était récompensée par quelques avantages.
Or, ces derniers jours, par sa politique basée sur la concurrence, la Chine a voulu montrer à ces trois pôles qu'elle était assez puissante économiquement pour se permettre d'acheter là où elle le veut, sans prendre en compte le système de fidélité qu'Airbus a voulu mettre en place en construisant une usine dans le pays.
La Chine cherche donc à s'affirmer comme une puissance économique forte, qui veut servir d'arbitre entre les trois pôles actuels.

Au-delà d'un geste économique, la Chine a voulu, en achetant des Boeing, montrer au monde entier qu'elle ne voulait pas jouer les seconds rôles dans l'économie mondiale, mais prendre une grande part dans celle-ci, notamment au détriment des autres puissances économiques.


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