Renault : la menace Ghosn ?
Renault : la menace Ghosn ?

Alors qu'il vient de prendre place dans son nouveau fauteuil de Président de Renault, Carlos Ghosn doit déjà faire face aux craintes des employés du constructeur automobile, qui craignent une reprise en mains brutale de l'entreprise, comme il l'avait fait en arrivant chez Nissan en 1999.
Les craintes des salariés de Renault
On le surnomme le « brise glace » et il a une réputation de « costs killer » (tueur de coûts). Carlos Ghosn fait peur à tous les salariés des entreprises dont il prend la tête, et pour cause.
Arrivé en 1999 à la tête de Nissan, il trouve une situation désastreuse : les ventes, le chiffre d'affaires et les bénéfices sont au plus bas. Mais c'est loin d'effrayer cet homme qui, en moins de six ans, va remettre Nissan sur pieds, en faisant un des constructeurs automobiles les plus rentables au monde. Mais, si le résultat est là, c'est la manière qui dérange, surtout dans des pays comme la France.
En effet, son action pour redresser Nissan s'est tout d'abord portée vers une forte diminution des postes, mettant au chômage de nombreux salariés et fermant plusieurs sites de productions, ne laissant que les plus rentables en place. Malgré ces décisions immédiates, le bilan social de Carlos Ghosn n'est pas si mauvais. Ainsi, après avoir remis en bonne voie Nissan, notamment grâce à la mise en service de nouveaux modèles automobiles qui répondaient plus à la demande, de nouveaux emplois ont été créés dans la société, le nombre de salariés étant désormais plus important qu'à son arrivée dans l'entreprise.
Désormais à la tête de Renault, Carlos Ghosn fait craindre aux salariés un plan de développement identique à celui qu'il avait mis en place chez Nissan. Or, il semble que la situation même du constructeur français empêche une telle « remise en ordre ».
La stratégie Ghosn pour Renault

Alors qu'il ne donnera son plan de développement de l'entreprise qu'à la fin de l'année, Carlos Ghosn a déjà annoncé une partie de ses objectifs, qui devraient assurer la pérennité des salariés et de la marque.
En premier lieu, il faut s'intéresser à la situation actuelle de Renault. Avec un chiffre d'affaires de 40,7 milliards d'euro en 2004 et 3,5 milliards de bénéfices, l'entreprise française ne se trouve pas du tout dans la même situation que Nissan à l'arrivée de Carlos Ghosn. En effet, l'entreprise est rentable et ses effectifs, même s'ils sont légèrement trop importants, n'empêchent pas la société de prospérer.
Dans ce cas, Carlos Ghosn devrait directement passer à la phase 2 de son plan de « redressement », qui correspond à la mise sur le marché de nouvelles gammes de véhicules, qui répondront plus à la demande des clients, ainsi qu'à une ouverture internationale de la marque. Pour ce qui est de la gamme, Renault doit retrouver une place plus importante dans tous les secteurs, surtout dans celui de la haute gamme, où la place du constructeur a tendance à diminuer. Au-delà de ceci, Carlos Ghosn veut aussi vendre davantage à l'étranger, notamment en Chine ou aux Etats-Unis, où les marchés sont plus que florissants, mais aussi pousser davantage dans certains pays où la marque est récemment apparue, comme en Inde ou en Iran.
Les craintes des salariés de Renault ne semblent donc pas être fondées quant à la stratégie de « redressement » de Carlos Ghosn, celui-ci voulant plus étendre la marque à l'étranger et la gamme que « reconstruire » la société, comme pour Nissan.