L’Etat privatise toujours plus
L’Etat privatise toujours plus

Depuis des années, l'Etat Français s'était aménagé une superbe retraite en multipliant les nationalisations d'entreprises ou en entrant massivement des certains groupes contre, par exemple, des aides. Or, cette période est révolue et l'Etat espère bien profiter de tout cet argent qui a été placé et qui est devenu nécessaire pour investir. Grâce à cela, l'Etat espère engranger 20 milliards d'euro en 2005.
Les autoroutes en voie de privatisation
En France, de nombreuses autoroutes sont gérées par l'Etat, qui a créé, à cette occasion, trois grandes entreprises, dont elle détient une bonne partie du capital. Ainsi, l'Etat est propriétaire de 50,3% des Autoroutes du Sud de la France (ASF), de 70% de Paris-Rhin-Rhône (APRR) et de 75% des Autoroutes du Nord et de l'Est de la France (SANEF).
Tout ceci forme un gigantesque capital que l'Etat a gardé toutes ces années afin d'en assurer le bon développement et en retirer les bénéfices. En effet, grâce à cela, c'est l'Etat qui se charge de l'entretien de ces autoroutes et les conserve en bon état mais, en contrepartie, il empoche tous les bénéfices dus aux divers péages qui sillonnent ces grands axes.
Mais il semble que ce temps soit désormais révolu puisque le ministre de l'Economie a ouvert le capital de ces entreprises, dont l'Etat veut solder toutes ses parts. Si tout est vendu, comme cela risque d'être le cas, les finances publiques recevront avec plaisir un chèque global d'environ 11 milliards d'euro, ce qui ne pourra qu'aider le développement du pays.
Toutefois, si le capital de ces entreprises est ouvert, il est inutile de vous précipiter chez votre courtier pour qu'il y place vos économies. En effet, l'Etat veut vendre ces entreprises en gros à de grands groupes qui pourront seuls supporter un tel investissement. Mais, avant de vendre, l'Etat veut savoir ce que deviendra son bien.
Mainmise de l'Etat et poursuite des privatisations

Si l'Etat vend, il refuse toutefois de le faire au profit de n'importe qui. En effet, pour les sociétés d'autoroute qu'il va vendre, l'Etat va imposer un projet aux candidats au rachat. Dans ce projet, ces entreprises devront préciser le prix auquel elles veulent acheter mais devront surtout élaborer un avenir pour ces autoroutes.
On leur demandera ce qu'elles comptent investir pour leur bon entretien, les services qu'elles veulent proposer aux usagers (aires de repos, stations services, …) et les partenariats qu'elles entendent faire, par exemple avec des sociétés pétrolières. Et, en dernier lieu, on leur demandera si elles sont prêtes à investir dans de nouvelles autoroutes et où elles le feront.
Mais, outre ce cas spécial destiné aux entreprises autoroutières, l'Etat garde toujours une forte mainmise sur les entreprises qu'elle vend. Ainsi, c'est l'Etat qui gèrera le prix des péages sur les autoroutes, comme il le fait sur l'électricité avec EDF. Et d'ailleurs, cela semble normal dans un Etat providence, qui gère le bien-être de ses habitants.
Mais, malgré cela, les privatisations s'enchaînent. Ainsi, les 6% de France Télécom vendus cette année vont rapporter 3,4 milliards d'euro et les 22% de Gaz de France ont permis de gagné 2,5 milliards d'euro, l'Etat continuant à gérer les prix pratiqués par ces entreprises.
Et cette vague de privatisations va se poursuivre puisque l'Etat, conformément aux lois de Bruxelles, ne doit plus avoir d'entreprises publiques et aussi car il manque d'argent. Rien qu'en entreprises, l'Etat dispose encore de 81 milliards d'euro d'actifs, notamment chez Alstom, Areva, Air France,… .
Cette vague de privatisations sans précédent va donc remplir les caisses de l'Etat mais le problème est que les bénéfices issus de ces entreprises ne profiteront plus à la France, qui pourrait manquer d'argent à moyen terme.