Nitzan, l’après Gaza des colons ?
Nitzan, l’après Gaza des colons ?

Selon les accords signés entre les dirigeants israéliens et palestiniens, l'armée de l'Etat hébreu devra quitter la bande de Gaza pour le 17 août prochain. Il en est de même pour tous les colons israéliens qui étaient venus s'installer sur les territoires conquis par leur armée. Mais, si les soldats vont rentrer dans leurs casernes, ces colons vont, eux, perdre tous leurs biens et devoir vivre dans des mobile homes.
Un village au milieu du désert
Lors de toutes les guerres qu'il a mené depuis sa création en 1948, Israël a multiplié les conquêtes de nouveaux territoires. Au fil du temps, ces territoires sont devenus des terres habitables et de nombreux israéliens ont décidé de s'y installer.
Il faut dire que cela valait le déplacement. Tous les colons, quels que soient leurs moyens, pouvaient vivre dans de grandes villas, qui étaient peu chères car situées en limite des territoires ennemis. Mais les colons étaient de plus en plus nombreux et considéraient cette terre comme la leur, avec le consentement des autorités israéliennes, ravies d'un tel épanouissement de leur pays.
Mais ce qui était alors une sorte de paradis s'est transformé en enfer récemment, quand le Premier ministre israélien et les dirigeants palestiniens ont signé un accord qui prévoit le retrait israélien des territoires de Gaza, pour leurs troupes et leurs colons.
Ces derniers doivent donc quitter leurs maisons d'ici au 17 août prochain pour laisser la place aux palestiniens, contre des indemnités du gouvernement (1.000 dollars par m² construit et 700 dollars par m² non construit). Et, en quittant leurs villas de Gaza qui pouvaient faire 250m², ils doivent aller habiter dans des mobiles homes de 90m² maximum qui ont été implantés dans le désert par l'Etat, en attendant qu'ils se décident ou non à aller reconstruire ailleurs.
Des différences majeures

Le village de mobile homes de Nitzan est donc une sorte de lieu de regroupement pour tous les colons israéliens qui ont été chassés de chez eux. Mais, au-delà de ça, c'est aussi la marque de la différence de traitements que devront subir les colons qui acceptent et ceux qui n'acceptent pas de quitter la bande de Gaza.
Pour ceux qui se trouvent actuellement à Nitzan, la vie est relativement belle. De l'argent va bientôt arriver pour les dédommager de la perte de leurs maisons, et ils pourront bénéficier d'aides pour reconstruire une maison dans un nouvel endroit, après avoir récupéré leurs affaires. Mais, d'ici là, la situation n'est pas si terrible. Les mobile homes, bien qu'un peu petits, sont très confortables et les ingénieurs civils israéliens construisent chaque jour de nouvelles structures pour leur bien-être.
Pour ceux qui refusent de quitter Gaza, par contre, la vie est plus embrumée. En effet, s'ils n'ont pas déménagé le 15 août, ils seront chassés par l'armée qui détruira tous leurs biens. De plus, ils ne seront pas relogés par l'Etat et devront se débrouiller eux même, et ce, sans indemnités. Mais c'est le prix de la paix pour tout un pays même si certains doivent en souffrir.
Le gouvernement israélien fait donc la différence entre les citoyens obéissants et les autres, qui sont mis au banc de l'Etat hébreu. Comme si 2.000 ans de persécutions ne leur avaient pas fait comprendre le besoin d'une solidarité pour la paix.